La latence et la gigue sont des termes courants en matière de monitoring réseau. Les ingénieurs réseau considèrent souvent la « latence » comme l’une des principales mesures de performance réseau. Lorsqu’il s’agit d’outils de visioconférence comme Microsoft Teams, Zoom ou Google Meet, la « gigue » est également considérée comme un moteur de performance clé. Mais quelle est la différence entre les deux et quelles devraient être leurs références respectives pour assurer de bonnes performances ?

Que signifie « latence » ?

En réseau, nous pouvons définir la « latence »comme le temps qu’il faut à un paquet pour traverser un réseau d’une source à une destination. Elle est dépendante de nombreux facteurs, comme expliqué en détails dans notre article « Qu’est-ce que la latence réseau ? Comment fonctionne-t-elle et comment la réduire ». Des congestions au niveau du réseau auront un impact sur la latence. C’est pourquoi il est si important de la mesurer dans le cadre du monitoring des performances réseau.

Comme l’explique notre article « Pourquoi la latence réseau conditionne la performance numérique », la latence réseau est un moteur de performance clé pour les services numériques. Cela est particulièrement vrai pour les applications interactives telles que les communications voix/vidéo. Pour ce genre de flux, une latence réseau atteignant 150ms sera perceptible par un être humain !

Il existe différentes manières de mesurer la latence réseau. Généralement, nous différencions le calcul de latence d’une source vers une destination (latence unidirectionnelle) du calcul de latence d’une source vers une destination et retour (latence bidirectionnelle, ou RTT – Round Trip Time).

Que signifie « gigue » ?

Dans un monde réseau idéal, les paquets sont envoyés d’une source à une destination sans aucune perte, dans le même ordre et aux mêmes intervalles réguliers.

envoi de paquets sur un réseau idéal

En réalité cependant, le chemin entre la source et la destination peut être semé d’embûches. Par exemple, une congestion du réseau peut entraîner une perte de paquets, introduire des retards supplémentaires ou des changements de route dynamiques. En conséquence, les paquets peuvent arriver à destination par groupes, voire même dans le mauvais ordre !

Schéma de principe d'envoi de paquets sur un réseau réel

Nous définissons la gigue comme la variation du délai réseau entre des paquets consécutifs reçus. Notez que chaque mot a son importance. Cette définition indique clairement « … entre des paquets consécutifs reçus ». Cela implique que pour être précis, nous devons calculer la gigue au niveau de chaque flux. Considérer la différence entre la latence moyenne du réseau à partir de différentes communications n’est pas une définition correcte de la gigue !

La gigue n’est pas toujours un problème en soi. Les applications standard basées sur TCP peuvent généralement y faire face. Mais la gigue est un véritable moteur de performance pour les communications vocales/vidéo interactives. Une gigue supérieure à 20-30ms affectera la qualité de la voix/vidéo. Des techniques pour réduire la gigue existent. L’une des méthodes les plus simples consiste à mettre en mémoire tampon les paquets au point de destination final afin que tous les paquets soient transmis à la couche applicative au même rythme. Néanmoins, la mise en mémoire tampon signifie augmenter la latence ! Il y a donc un compromis à trouver.

Conclusions

La latence réseau est un moteur de performance clé pour tout type de service numérique ; elle constitue à ce titre l’une des principales mesures de performance que vous devez surveiller pour la fourniture de services numériques.

La gigue, quant à elle, est extrêmement importante dans le contexte d’applications hautement interactives telles que les solutions de vidéoconférence. Elle est beaucoup plus complexe à mesurer car elle nécessite d’obtenir les détails du mécanisme de livraison des paquets à l’intérieur de flux spécifiques.

Dans les réseaux publics et hybrides, l’un des objectifs du monitoring réseau est de mesurer la latence et la gigue. Plus important encore, il faut comprendre quel chemin réseau est emprunté et quelle partie génère de la latence et de la gigue.

Pour en savoir plus sur le monitoring des chemins réseau, consultez cet article.